BRIC – La réalité derrière le concept

BRIC – La réalité derrière le concept

BRIC – La réalité derrière le concept

En 2001, le directeur de la recherche économique de la banque d’affaires Goldman Sachs annonce dans un article (1), largement repris par les journaux du monde entier, que les économies de certains pays émergents dépasseront celles des pays du G6 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie) d’ici à 2050. Cette analyse, au demeurant peu argumentée, détaille l’évolution du PIB de quatre pays (Brésil, Russie, Inde, Chine) et les compare année après année à l’évolution du PIB des pays du G6. L’acronyme BRIC est né. 15 ans après, quelle est la réalité de ce concept?

A l’origine, le concept est formidable : il suggère l’idée d’une période de croissance sans limite (jusqu’à 2050) et il résonne à l’oreille des investisseurs comme un placement solide et performant. Plusieurs fonds d’investissements se créent afin de profiter de l’émergence du concept BRIC. Les investisseurs se ruent naturellement dessus, même si l’observateur attentif remarque que les économies de ces pays n’ont rien en commun (on y trouve effectivement de gros producteurs et de gros consommateurs de matières premières).

Si la croissance économique des pays BRIC a effectivement connu une décennie (2001-2011) exceptionnelle, force est de reconnaître que ce ne fut pas le cas de tous les pays émergents. C’est certainement la raison pour laquelle les concepts marketing de pays émergents ou en voie de réussite se multiplieront entre 2000 et 2010 (CIVETS, NEXT 11, PPIS, MINT, EAGLE). L’acronyme BRIC lui évoluera sans cesse pour donner BRICS (avec l’Afrique du Sud), puis BRICKS (avec la Corée) et, enfin dans une tentative de rafraîchir un concept nécessairement usé avec les années, viendra l’acronyme MINT (Mexique, Indonésie, Nigéria et Turquie). L’acronyme MINT a été créé par Fidelity Investments, l’un des groupes financiers les plus importants au monde. La recette de l’acronyme radieux est toujours la même : il convient de saupoudrer un pays d’Europe Orientale ou du Sud, un d’Amérique Latine, un ou deux d’Asie et un d’Afrique.

A ce jour, seuls deux pays ont réussi à rentrer dans le club très fermé des pays développés (dont le PIB par habitant est supérieur à 30 000 dollars) : Taïwan et la Corée du Sud.

Là où les conclusions de l’étude BRIC sont particulièrement catastrophiques, c’est qu’ en 2015, le niveau du PIB du G7 est largement au-dessus de leurs niveaux pronostiqués, alors qu’entre-temps, nous avons connu la seconde crise économique la plus importante des 150 dernières années.

Je vous laisse en juger par vous-même :

L’encadré rouge représente les prévisions de PIB de GoldmanSachs pour 2014.
Les cercles verts donnent les chiffres actuels de PIB, certains n’apparaissent pas puisque les pays en question sont en avance sur leurs projections de plus de huit ans…

Rétrospectivement, on peut noter qu’entre 2008 et 2012, la performance économique des pays suivants a été désastreuse : FALEPA France-Allemagne-Luxembourg-Espagne-Portugal-Angleterre.
Alors qu’entre 2001 et 2011, il y avait effectivement des pays dont la performance a été au-dessus de la moyenne, les TOREDU : Turkménistan-Oman-Russie-Equateur-Djibouti et Uruguay.

[1] Building Better Global Economics BRICs, 2001, Goldman Sachs Research

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