La BCE ne sait pas ce qu’est l’inflation

La BCE ne sait pas ce qu’est l’inflation

La BCE ne sait pas ce qu’est l’inflation

La psychologie cognitive nous apprend que ceux qui souffrent d’un biais d’autorité ressentent l’irrépressible besoin de se référer à une autorité supérieure pour asseoir leurs opinions. L’approche est efficace dans mesure où elle facilite grandement la réflexion.

Il nous semble pourtant que notre jugement devrait toujours être guidé par la logique telle que l’a définie Aristote, à savoir la recherche de lois générales permettant de savoir si un raisonnement est concluant ou non.

Lors de sa dernière réunion mensuelle, le conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne a déclaré que l’inflation était toujours à un niveau historiquement bas. De nombreux commentateurs de l’économie sont perplexes lorsqu’ils doivent expliquer les raisons de l’absence d’inflation relevée par la BCE. Au lieu d’invoquer le pouvoir mystique des Banques Centrales capables de contenir instantanément l’augmentation des prix par la baisse des taux, nous rappellerons quelques principes fondamentaux de l’économie.

Ludwig von Mises, l’un des plus grands économistes du XXème siècle, insistait sur le fait que l’inflation n’est pas une variable économique mais un ressenti de la population de l’augmentation des prix à la consommation. Il ajoutait que, du point de vue économique, l’inflation doit être définie comme l’augmentation de la masse monétaire. L’école monétariste de Milton Friedman reprendra d’ailleurs cette définition.

De nos jours, les Banques Centrales ont une définition bien pratique de l’inflation puisque le terme est employé comme synonyme de « augmentation des prix à la consommation » (tel que mesuré par tel ou tel institut statistique). Pourquoi pas.

Mais, cela devient problématique lorsque les économistes défendant les thèses d’une politique monétaire accommodante nous expliquent les raisons de leurs choix.

Ils tiennent à peu près ce langage :

« La théorie monétaire classique* nous apprend que plus on imprime d’argent, plus il devrait y avoir d’inflation »

« Or, il n’y a pas d’inflation »

« Donc la théorie monétaire classique est fausse, nos politiques monétaires sont les bonnes et nous devons continuer à imprimer de l’argent en masse pour favoriser l’économie ».

Est-ce vraiment le cas ?

Le lecteur attentif aura noté que cet exposé est erroné dans la mesure où la définition de l’inflation y est changeante.

Si l’on s’en tient à ce que dit la théorie monétaire classique, l’inflation n’est ni plus ni moins que l’augmentation de la masse monétaire.

Or – c’est une tautologie de le dire – si l’on augmente la masse monétaire en imprimant de l’argent, il y a bien augmentation de la masse monétaire (inflation).

Le sophisme des partisans de la politique de la BCE repose sur un oubli (ou un rejet**) de la théorie monétaire classique.

Par ailleurs, la théorie monétaire classique affirme que l’augmentation de la masse monétaire peut éventuellement entraîner :

  • une hausse *** des prix des biens à la consommation.
  • une hausse*** du prix des actifs. Par actif, il faut entendre, par exemple, les actions, les obligations ou l’immobilier.

Il suffit de regarder l’évolution des prix des marchés financiers ou immobiliers sur les dix dernières années pour se convaincre de la réalité des conséquences de la politique monétaire. Sans l’ombre d’un doute, une politique monétaire accommodante provoque une hausse des prix des actifs.

Lorsqu’un économiste feindra de comprendre les raisons pour lesquelles il n’y a pas d’inflation (au sens commun du terme), vous pourrez dorénavant l’éclairer.

 

 

 

* Nous employons ici le terme « classique » au lieu d’École Autrichienne d’Économie.

** Les économistes de l’école keynésienne ne l’admettent pas.

*** Toutes choses égales par ailleurs. En effet, une baisse des prix, alors que les prix auraient dû naturellement baisser encore plus, n’en reste pas moins une augmentation.

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